Le Cercle des Ornais de Paris

Ce Cercle a pour dessein de constituer sur la place parisienne un véritable réseau d’influence et d’excellence au bénéfice de l’Orne et des Ornais.

Marie-José Michel, l’éclairante

Une église en danger, des collections à valoriser. Il n’en fallait pas plus à l’historienne, installée dans le Perche depuis 1998, pour mettre sa passion au service du patrimoine ornais, qu’elle s’évertue à éclairer d’un jour nouveau. Dans sa maison de Verrières, dénichée au terme d’une recherche quasi-scientifique, mais achetée en vingt minutes, elle a trouvé l’espace où se ressourcer, à mille lieues de sa vie parisienne à cent à l’heure. Lorsqu’elle arrive dans l’Orne, en 1998, Marie-José Michel est professeur à l’Université de Paris XIII et vient de boucler, après 15 ans de recherches, sa thèse de doctorat d’État consacrée au jansénisme. Cette bâtisse, qu’elle a impeccablement restaurée, c’était un peu sa « récompense ». Ici, il y a la nature et les pierres chargées d’histoire, aussi chères à son cœur que nécessaires à son équilibre. Elles lui rappellent, quelque part, l’église et le donjon classés de Maurepas qui, petite, la fascinaient et ont sans doute fait d’elle ce qu’elle est devenue… Historienne, par « soif d’apprendre, comprendre, transmettre et expliquer simplement les choses compliquées ».

380 000 euros pour sauver l’église

Marie-José Michel a la passion contagieuse et l’énergie débordante. Elle avoue, deux téléphones portables à portée de main : « je fais toujours trois choses en même temps ». En 2006, alors qu’elle est devenue vice-présidente de l’Université et fait le grand écart entre l’Orne et Paris, elle est alertée sur l’état de l’église de Verrières. La toiture est en péril, des bassines jonchent le sol. « Je ne pouvais pas être historienne et laisser faire ça s’émeut-elle. Ça aurait été comme de la non-assistance à personne en danger ! ». Marie-José Michel devient présidente de Verrières Patrimoine. En cinq ans, l’association réussit son pari, contribue à mobiliser 380 000 euros et met l’édifice hors de danger. Elle participe, dans la foulée, à Pierres en Lumières, dès 2009.

Village médiéval, habitants costumés « Verrières Patrimoine ne pouvait pas fonctionner sans s’inscrire dans cette opération de mise en valeur du patrimoine », estime Marie-José Michel. L’église restaurée, à la lumière des chandelles et des bougies, apparaît sous un jour nouveau. Effet boule de neige. Les années suivantes, c’est tout Verrières qui se mobilise pour se transformer en village médiéval, habitants costumés, ateliers d’artisans et bougies sur toutes les fenêtres. « Les habitants de Verrières sont devenus fiers de leur patrimoine », constate Marie-José Michel. Début 2012, c’est le musée départemental d’arts religieux de Sées qui lui fait un appel du pied. « Une telle collection méritait d’être mise en valeur… ».

Les Amis du musée de Sées

Elle devient, naturellement, présidente de la toute nouvelle association des Amis du musée de Sées qui, en un an seulement, parvient à rassembler 110 adhérents et organiser une dizaine de manifestations. « L’idée est d’éclairer toutes les richesses du Perche de l’intérieur, par des spécialistes, et d’offrir aux Ornais l’occasion de redécouvrir toute la profondeur de leur patrimoine ».

En 2014, elle prendra sa retraite de l’Université Paris XIII, bientôt Sorbonne Paris Cité, dont elle est désormais médiatrice. « Je veux me mettre à l’orgue, écrire un nouveau livre sur le jansénisme, mais plus grand public encore, et finir mon arbre généalogique », prévoit Marie-José Michel. Sans compter les travaux de l’église à poursuivre, les prochaines éditions de Pierres en Lumières à préparer, l’association des amis du Musée de Sées à développer. « Je vais continuer à construire, non pas avec des pierres, mais avec des gens ».

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