Le Cercle des Ornais de Paris

Ce Cercle a pour dessein de constituer sur la place parisienne un véritable réseau d’influence et d’excellence au bénéfice de l’Orne et des Ornais.

Murielle Huet Des Aunay, L’élégante insolente

À 27 ans, Murielle Huet Des Aunay a déjà un joli petit parcours de comédienne au théâtre et au cinéma. Parisienne depuis huit ans, originaire d'Argentan, elle aime incarner des femmes de caractère, qui dérangent ou bousculent les bonnes manières. Insolente et élégante. 

« Je ne suis pas tout à fait parisienne. J'ai le mode de vie d'une Parisienne, mais je n'en ai pas les codes. Ici, l'existence est une fuite en avant, au plus rapide, au plus offrant. Moi, j'ai besoin de respiration. Je suis capable de rester trois heures à la terrasse d'un café à regarder les gens et imaginer ce qu'ils ont dans la tête.» Dans son petit appartement du 17e, Murielle Huet Des Aunay concède aujourd'hui son envie de verdure et de retour aux sources. Mais à 15 ans, elle n'avait qu'une idée en tête : quitter son bocage ornais, fuir la ferme familiale pour la vie citadine. 

Née à Alençon en 1984, elle effectue sa scolarité à Argentan, puis file au lycée dans la capitale régionale, Caen. Bac littéraire, mention théâtre. « Je ne faisais pas de théâtre, c'était une grande supercherie », confie-t-elle. Elle décroche la meilleure note sur l’option. Cap sur Paris, évidemment, où elle décide sur un coup de tête de se lancer dans la comédie. L'amie qui l'héberge habite justement à côté du cours Fanny Vallon. « Je ne crois pas à la chance, mais un peu au destin », sourit-elle. Le théâtre lui plait. Elle a 18 ans. 

Se faire un nom 

Au premier casting, elle est retenue pour jouer dans un téléfilm de Pierre Boutron, Le Voyageur sans bagage, avec Jacques Gamblin, où elle incarne la jeunesse d’Anne Suarez. 24 heures de tournage… le jour de ses examens de première année de lettres ! Le choix est fait : sa courte expérience universitaire s'achève sans regret. « J’ai toujours eu un souci avec l’autorité à l’école. » Les mois suivants, elle collectionne les rôles de figurante et de « silhouette » (1) et rencontre son premier agent, Ghislaine Malaterre. Nouveau casting : là voilà embarquée sur le tournage d’un téléfilm à épisodes, Trois pères à la maison, de Stéphane Kappès. « J'avais 19 ans et ma bouille de provinciale. Ils m'ont transformée. » Sans plan de carrière ni formation, elle doit tout apprendre, accumuler le maximum d’expérience, rebondir sur toutes les opportunités. Persuadée « qu'on apprend davantage en un jour de tournage qu'en trois mois de cours », elle enchaîne les  téléfilms : Plus belle la vie, Femmes de loi, Boulevard du Palais, Midi et soir... Son ambition : « se faire un nom » pour accéder aux rôles dont elle rêve. Le cinéma français la fascine, elle veut tourner avec Olivier Marchal, François Ozon, Olivier Assayas... 

Piquée au vif par le monde du théâtre qui ne la reconnaît pas parmi les siens, elle s’essaye en parallèle sur les planches. Avec succès. Le metteur en scène Jean-Luc Moreau lui offre trois rôles successifs dans Chat et souris, Les hommes préfèrent mentir et Mon meilleur copain. Elle jouera plus de 800 fois la fille de Francis Perrin dans Chat et souris. « Avec le théâtre, j'ai découvert que jouer ne relevait pas seulement de l’intuition ni de l’émotion, qu’il existait des techniques de jeu et une autre façon de travailler, plus exigeante, plus difficile, plus rigoureuse », convient Murielle. Aujourd’hui, elle admet ne plus pouvoir se passer du théâtre. « Je me mets en danger et ça me plait. » En septembre prochain, elle sera sur la scène du théâtre Montparnasse aux côtés de Michel Leeb. 

« Bourgeoise trash » 

Son profil de jeune première – sourire d’ange, yeux bleus, longs cheveux châtains clairs – ne trompe plus personne. Murielle a la voix grave, peut incarner aussi bien des gamines effrontées que des maîtresses dérangeantes, change de tête comme de rôle, joue à merveille les hystériques, les garces, les personnages incontrôlables et à fleur de peau. Ses pairs lui reconnaissent une forme « d'insolence élégante », un profil de « bourgeoise trash ». Elle apprécie, elle qui déteste cette image de copine « trop sympa », adore braver les interdits sous des airs d'ingénue, et dissimile une personnalité complexe derrière une apparente innocence. 

Elle se sent insouciante et responsable à la fois. Une ambivalence que lui impose son métier. « On attend de moi de la spontanéité dans le jeu et de la maturité dans la gestion de ma carrière. » Dans la vie, Murielle s’accommode de ces contradictions. Elle est angoissée par les castings, mais s’en amuse. Elle arrête de fumer en essayant les cigarettes roulées. Elle rêve d’une maison isolée à la campagne, sans eau ni électricité, mais avec piste d’atterrissage à proximité et gardes du corps. Pour rien au monde, elle ne changerait de voie. « J’ai besoin de cette instabilité pour ne pas m’ennuyer. »

(1) À la différence du figurant, la silhouette a une présence visible à l'écran et quelques phrases à prononcer.

Cinéma

2011 : After fall, winter (tournage en anglais) d’Eric Schaeffer2007 : Le Chant des sirènes (moyen-métrage) de Nicolas Miard

Télévision

2012 : Vengeance de Raphaël Mitelberg

2011 : Midi et soir de Laurent Firode

2010 : Boulevard du Palais de Christian Bonnet et Section de recherche d’Eric Leroux

2009 : Femmes de loi de Klaus Biedermann

2007 : Nodame Cantabile de Takeuchi Hideki

2006 : T’as pas une minute de Christian Merret-Palmair

2006 : Plus belle la vie

2005 : Louis Page de  Baddredine Mokhrani

2005 : 3 pères à la maison de Stéphane Kappès

2005 : Le Voyageur sans bagage de Pierre Boutron

Théâtre 

2011 : Mon meilleur copain, mise en scène Jean-Luc Moreau

2009-2010 : Les hommes préfèrent mentir, mise en scène Jean-Luc Moreau

2007-2009 : Chat et souris, mise en scène Jean-Luc Moreau