Le Cercle des Ornais de Paris

Ce Cercle a pour dessein de constituer sur la place parisienne un véritable réseau d’influence et d’excellence au bénéfice de l’Orne et des Ornais.

 

Paul Personne

Il fignole son blues dans le Perche. Des Mureaux à Alençon... Le Parisien René-Paul Roux, dit Paul Personne, a très vite adopté le Perche. Il y a construit sa carrière d'artiste authentique, à la manière d’un artisan. Loin des modes dictées par les maisons de disques.

« Je suis un country boy... J’aime la campagne! ». Paul Personne apprécie le calme de la nature et ceux qui y vivent. Originaire d’Argenteuil, dans les Yvelines, il découvre l’Orne avec ses parents au début des années 1980. Lui habite alors près de Toulouse. « Ils cherchaient une maison pas très loin de chez eux, aux Mureaux, se souvient-il. J’allais parfois faire les visites avec eux. Un jour, nous sommes allés en visiter une près de la Chapelle-Montligeon. Je ne connaissais alors pas du tout le coin. »

Les années 80 sonnent pour Paul Personne comme le début de la reconnaissance et des premiers succès. Après un début de carrière en solo mitigé, Paul Personne frappe un grand coup avec l’album Barjoland, publié en 1984. Le blues qui passe à la radio et la télévision lui fait les yeux doux... Paul Personne sort de l’ombre et le blues made in France a enfin son ambassadeur. Il est loin le temps de son premier groupe, L'Origine, et du premier 45 tours enregistré pour Pathé Marcony. Loin aussi le souvenir de La Folle Entreprise (groupe d'une quinzaine de musiciens), de Bracos Band et de Backstage... ses premiers groupes aux carrières fulgurantes mais éphémères.

« Prendre pied dans le coin »

Le début de la notoriété va le rapprocher de l’Orne. Comme Paul Personne vit près de Toulouse et que tout se passe à Paris, « Panam » comme il dit, il saisit l’opportunité tendue par son père. Il vient alors habiter à La Chapelle-Montligeon. « Ça commençait à marcher pour moi. Le titre "Comme un étranger" a créé le buzz et je devais souvent venir à Paris. Avec ma vieille 4L, il me fallait 16 heures depuis la Haute-Garonne. Cette proposition m’a permis de prendre pied dans le coin. »

Pourtant ce n’est qu’en 1992 qu’il achète sa première maison. « Je suis un fan de la France. J’ai cherché dans les endroits que j’aimais bien : le Quercy, les Cévennes… puis plus près de Paris, aux alentours de Pacy-sur-Eure et de Vernon. Et puis, pour une question de prix, je suis revenu dans l’Orne. » Avec Gloria, sa compagne, ils cherchent le coup de cœur. Trois ans d’allers-retours dans l’Orne seront nécessaires… Enfin, une maison répond à leurs critères. Et surtout, le couple sent les bonnes vibrations. « Je ne suis pas un homme de crédit, dit-il sans sourciller. Vu le prix attractif de la maison, j’ai pu en prendre un petit. »

Un rayon de soleil en février, c’est chouette

Depuis, le Perche, il adore. « Par l’A13, je suis à 40 minutes de Panam et hop! Souvent, quand j’ai le temps, je passe par la RN12. » De même, si Gloria veut faire un tour à la mer, Paul prend le volant. « Je passe par Moulin-la-Marche, Gacé, Brooglie… les petites routes... »

Et puis, il y a les gens, ses voisins. « Pendant la tempête de 1999, j’ai eu la chance d’être épargné. J’ai mis mes bottes et je suis allé donner un coup de main aux voisins. Je crois qu’il y a un peu plus de solidarité à la campagne ». Et le climat ? « Mes copains me demandent ce que je fais ici. Mais, je suis Capricorne (né en hiver), alors le soleil…je ne cours pas après! Un rayon de soleil en février, c’est chouette aussi! ».

Paul Personne va au supermarché près de chez lui et mange un morceau chez son pote Fano, à Alençon. « Faire ses courses comme monsieur tout le monde me permet de parler aux gens de vive voix. Ces moments me font chaud au cœur. » Parfois, il entend dans son dos des voix qui l’interpellent. « Eh Paul! Viens boire un verre ! » ou encore « T’as vu? C’est Paul Personne! ». Mais souvent les familiarités s’arrêtent là. « Ceux qui m’aiment bien ne me prennent pas la tête ».

« J’ai un côté sauvage et un côté social, avoue-t-il. J’aime être au calme, peinard. Mais je veux bien être dérangé par la voiture du facteur, le tracteur d’un voisin ou par le meuglement des vaches ». Par contre, le bruit des fusils, ce n’est pas trop son truc à Paul...

 Ma chanson Barjoland est très actuelle

En ce moment, Paul Personne peaufine les maquettes de son prochain album aux studios du Hameau à la Chapelle-Souëf, près de Bellême. Un travail qu’il présentera bientôt aux labels, pour une sortie en 2011. Pour ces enregistrements, il s’est entouré des musiciens de A l’Ouest le Band. « Ces jeunes m’apportent leur fraîcheur et leur spontanéité. De mon côté, je leur donne quelques conseils. » Le courant passe bien. A tel point que Paul Personne les a invités, voilà 7 ans, sur ses albums Demain...Il f'ra beau ! et Coup d'blues, ainsi qu’à ses premières parties en province puis à Paris, au Bataclan.

Bien qu’en studio, Paul Personne suit l’actualité. Et ce qu’il voit ou lit, le mine. « Comme le dit Eddy Mitchell dans sa chanson Les Tuniques Bleues et Les Indiens, j’ai pas confiance en l’être humain. Ma chanson Barjoland, écrite en 1984, est très actuelle. Je crois que je pourrais la chanter encore dans 20 ans... ».

Discographie studio en solo

- Paul Personne (1982)

- Exclusif (1983)

- Barjoland (1984)

- 24/24 (1985)

- La chance (1989)

- Comme à la maison (1992)

- Rêve sidéral d'un naïf idéal (1994)

- Instantanés (1996)

- Patchwork électrique (2000)

- Demain il f'ra beau (2003)

- Coup d'blues (2003)